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Les femmes et l’ESS au Sénégal : des entrepreneures qui structurent l’économie

Si vous traversez n’importe quel marché sénégalais, vous voyez immédiatement une réalité que les chiffres officiels confirment : les femmes sont au cœur de l’économie productive du pays. Elles transforment, vendent, organisent, financent et transmettent. Mais elles restent encore trop souvent exclues des financements institutionnels, des structures formalisées et des marchés à haute valeur ajoutée.

L’Économie Sociale et Solidaire change cette équation. Et au Sénégal, plusieurs mécanismes publics ont été conçus précisément pour que cette transformation soit accessible aux femmes entrepreneures — dans les villes comme dans les zones rurales.

Des chiffres qui révèlent une réalité sous-estimée

Dans le secteur formel, les entreprises dirigées par des femmes contribuent à plus de 1 000 milliards FCFA de valeur ajoutée, soit environ 24,5% de la richesse créée dans ce secteur. Dans le secteur informel non agricole, les unités économiques détenues par des femmes représentent 61,9% des structures et génèrent environ 1 222 milliards FCFA de valeur ajoutée, soit 45,3% de la richesse totale du secteur informel non agricole. Africtelegraph

Ces chiffres sont éloquents : les femmes ne participent pas à l’économie sénégalaise — elles en sont un pilier central. Ce qui leur manque, ce n’est pas la capacité entrepreneuriale. C’est l’accès aux outils de formalisation, de financement et de structuration.

Si vous traversez n’importe quel marché sénégalais, vous verrez comment les femmes sont le cœur entrepreneurial de notre nation. Actives dans tous les secteurs économiques, opérant principalement dans des contextes informels, les femmes soutiennent les familles et les communautés. Mon compte

Les mécanismes publics dédiés aux femmes entrepreneures

L’État sénégalais a mis en place plusieurs outils ciblés. Le premier et le plus connu est la DER/FJ — Délégation Générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes. Depuis sa création en novembre 2017, la DER/FJ a investi 92 milliards FCFA, octroyé plus de 343 000 crédits sur l’ensemble du territoire, accompagné plus de 203 000 entrepreneurs et permis l’immatriculation de près de 4 450 unités économiques.

Le deuxième mécanisme est le FNPEF — Fonds National de Promotion de l’Entrepreneuriat Féminin. Les femmes entrepreneurs ou souhaitant créer une entreprise dans le secteur formel de l’économie peuvent demander à bénéficier d’un financement du FNPEF. Ce fonds est accessible via les chambres de commerce régionales et les services du développement communautaire. Concoursn

Le troisième mécanisme est le FONGIP — Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires. Le FONGIP aide les entreprises détenues par des femmes à accéder aux services financiers grâce à des garanties bancaires. Une coopérative de femmes transformatrices bien structurée peut accéder à la garantie FONGIP pour financer des équipements productifs sans garantie foncière personnelle. Mon compte

La coopérative ESS : le meilleur cadre pour les femmes entrepreneures

La coopérative ESS — constituée sous la LOESS 2021 et agréée SEN LABEL ESS — offre aux groupements de femmes un cadre qui cumule trois avantages décisifs.

Le premier avantage est la protection juridique. Dans une coopérative, la responsabilité des membres est encadrée par les parts sociales. Contrairement au GIE où les membres peuvent être solidairement tenus des dettes sur leur patrimoine personnel, la coopérative protège les entrepreneures contre les risques financiers excessifs.

Le deuxième avantage est l’accès collectif au financement. Une coopérative de 30 femmes peut présenter un dossier DER/FJ groupé, accéder à la garantie FONGIP pour un crédit bancaire collectif, et solliciter le FAESS — Fonds d’Appui à l’ESS — réservé aux structures agréées SEN LABEL ESS. Ces financements sont inaccessibles aux groupements informels.

Le troisième avantage est le pouvoir de négociation. Une union de coopératives de femmes transformatrices peut négocier directement avec des acheteurs agro-industriels, des hôtels, des distributeurs ou des importateurs. Elle n’est plus dépendante d’un intermédiaire qui fixe unilatéralement le prix d’achat.

Les filières où les femmes sénégalaises excellent déjà

Dans la production fruitière, les femmes peuvent détenir plus de 55% des parcelles. Dans la pêche artisanale, environ 27% des pirogues appartiennent à des femmes. Et dans la pêche informelle, les activités féminines ont généré à elles seules plus de 31 milliards FCFA de valeur ajoutée. Africtelegraph

Dans les filières PPAM — plantes à parfum, aromatiques et médicinales — les femmes représentent entre 60 et 70% des producteurs et transformateurs. La citronnelle, le moringa, le bissap, le karité — ce sont majoritairement des femmes qui récoltent, sèchent, transforment et vendent ces produits. Structurer ces activités en coopératives ESS certifiées, c’est permettre à ces femmes de capter la valeur ajoutée qu’elles créent déjà, au lieu de la laisser aux intermédiaires.

Le Programme PAVIE : un exemple de ce qui fonctionne

Au Sénégal, le tissu entrepreneurial est constitué à 82% d’entreprises individuelles. Fragiles et informelles, elles ont souvent besoin d’une marge de progression pour parvenir à être viables. Les programmes d’appui financier comme le PAVIE — Projet d’Appui et de Valorisation des Initiatives Entrepreneuriales — aident ces entreprises à se formaliser et à créer des emplois, tout en portant une attention particulière aux initiatives renforçant l’autonomisation des femmes. Le Point SN

Ce type de programme montre que la formalisation n’est pas un frein — c’est un levier. Une femme qui passe du groupement informel à la coopérative agréée ne perd pas sa liberté d’action. Elle gagne un accès aux financements, aux marchés et aux certifications qui lui étaient fermés.

Inclusion financière : les progrès sont réels, les défis aussi

En 2014, seuls 15% des adultes au Sénégal possédaient un compte dans une institution financière formelle. Aujourd’hui, ce chiffre s’élève à 76% selon le Global Findex 2025. Cette augmentation rapide est largement due à la diffusion de l’argent mobile. Mais avoir un compte mobile n’est pas suffisant pour accéder à un crédit d’investissement ou à une garantie bancaire. C’est là que la structuration coopérative fait la différence. Mon compte

Notre accompagnement ADESS

Le Cabinet ADESS Consulting accompagne les groupements de femmes et les organisations féminines dans leur parcours de formalisation ESS — création de coopérative, agrément SEN LABEL ESS, dossiers DER/FJ et FONGIP, plan d’affaires solidaire. Contactez-nous sur adess.sn/contact ou au 77 722 46 46.

Notre Guide Complet ESS au Sénégal — 266 pages — consacre un chapitre complet aux mécanismes de financement dédiés aux femmes entrepreneures au Sénégal. Disponible sur adess.sn/ebook à 8 000 FCFA.

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